Réflexion sur le CFAL (Contournement Ferroviaire de l'Agglomération Lyonnaise)
Avant de se prononcer pour l’un des 7 tracés possibles de la branche Sud du CFAL, la participation à la concertation exige que nous prenions connaissance des propositions de l’état et de RFF, et d’analyser toutes les données objectives des capacités de ce mode de transport, en comparant les pollutions et nuisances atmosphériques, visuelles et acoustiques engendrées.
Le CFAL pour quoi faire?
Nous sommes face à une crise systémique qui se caractérise par plusieurs crises majeures : Climatique, énergétique, économique ,sociale … si bien que tous projets d’infrastructure de transport (routière, ferroviaire …) doivent être considérés à l’aune de paramètres nouveaux pour prendre en compte leurs dimensions sociétales et transversales qui conditionnent les questions d'urbanisme, d'écologie urbaine, d'aménagement du territoire et de la mobilité.
Notre mode de vie occidental sous-tend une certaine organisation de la société, des systèmes et infrastructures de communication et d’échange qui, dans leur réalisation, fonctionnement et usage contribuent à une élévation record du niveau des pollutions (atmosphériques, acoustiques, visuelles, spatiales …) et des atteintes à la bio-diversité.
La concentration des populations dans les grandes métropoles et l’étalement des agglomérations comme l’agglomération lyonnaise font peser une lourde contrainte sur le foncier, qui a conduit des populations à rechercher loin des centres villes un lieu d’habitation dans un cadre de vie agréable et moins cher ; Ce qui a favorisé et participé au grignotage et mitage des espaces naturels au profit de l’étalement urbain.
Les migrations routières quotidiennes de ville à ville qui en découlent, saturent les voies pénétrantes et les axes de transit, contribuant ainsi à l’augmentation de la pollution et de la détérioration de la qualité de l’air.
Le pétrole représente environ 36 % de la consommation mondiale d'énergie primaire.
Il sert dans tous les domaines énergétiques, mais c’est dans les transports que sa domination est la plus nette. son renchérissement et sa raréfaction ne font sans doute que commencer et provoquent déjà des modifications des comportements.
Le transport (essentiellement routier) est le premier consommateur de pétrole et le 1er contributeur aux émissions de GES (26% en France) et de CO²(34%).
74% des émissions de CO² de la route sont dues aux véhicules particuliers et 26% aux transports de marchandises, mais 24,8% aux PL (source ADEME 2007).
Les atteintes à la santé humaine provoquées par cette pollution routière sont un fléau pour notre société, dont le coût est supporté par la société toute entière, et non seulement par les usagers de la route.
- 5 000 morts par an d’accidents de la route,
- 18 000 morts prématurés (pour cause de maladies cardio-vasculaires, pulmonaires …),
- 13 670 000 journées d’inactivé … (cf. débat VRAL)
Seuls les TCSP (Transports en Commun en Site Propre) et les transports ferroviaires en grande partie électrifiés ont le plus fort potentiel de développement en regard de leur capacité de transport, de leur consommation énergétique et de leur niveau de pollution.
Pour tous les autres modes de transports par la route (hors modes doux), les alternatives sont marginales et coûteuses, et ont un potentiel de croissance limité.
Le CFAL s’inscrit dans le cadre des politiques européennes des transports et de lutte contre la pollution. Il est, entre autres, un des maillons de la magistrale éco-fret, reliant le Benelux à l’Europe du Sud en passant par la France.
Cet axe Nord ó Sud déjà très emprunté est appelé à jouer un rôle encore plus important à l’avenir, d’où la nécessité de le « moderniser » et de réaliser rapidement le CFAL dans son entier pour répondre aux objectifs de performance et de sécurité du réseau ferroviaire fret et voyageurs, tout en préservant le cadre de vie des populations des villes et villages potentiellement riveraines.
La réalisation de cet axe ferroviaire moderne et compétitif par rapport à la route, permettra de mettre en œuvre une réelle politique de report modal de la route vers le rail et contribuera à l’émergence d’une nouvelle organisation des transports de voyageurs et de la logistique marchandise. Il répond aussi bien aux exigences du « Grenelle de l’environnement » qu’au renforcement de la circulation fiable et performante du mode ferroviaire.
C’est pourquoi nous considérons le CFAL comme l’infrastructure prépondérante pour l’aménagement et l’avenir de l’agglomération et de son secteur Sud-Est sur cette problématique des transports et de l'environnement.
Le CFAL facilitera le franchissement du nœud ferroviaire lyonnais qui présente de nombreux signes de saturation. Il contribuera notamment à fluidifier les trafics voyageurs et marchandises inhérents à l’agglomération, à la région, nationaux ou encore en transit. et à améliorer l’accessibilité à l’agglomération Lyonnaise pour renforcer son développement et son rayonnement économique tout en préservant ses qualités urbaines et environnementales.
Outre sa contribution à la réorganisation de la logistique marchandises, il permettra le développement des services voyageurs, dont les TER, dans les gares de La Part Dieu et de Perrache et facilitera les liaisons TER inter-cités y compris avec la gare de Lyon Saint Exupéry.
C’est pourquoi nous pensons qu’avant de se prononcer pour l’un des 7 tracés possibles de la branche Sud du CFAL, il convient de prendre connaissance des propositions de l’état et de RFF, de demander et d’analyser toutes les données objectives des capacités de ce mode de transport par rapport aux besoins, en comparant les pollutions et nuisances atmosphériques, visuelles et acoustiques engendrées.