Située à environ 1000 mètres d'altitude, forte de ses quelques 40 000 habitants, principale agglomération de l'Arc jurassien qui s'étire de Genève à Bâle, la Chaux-de-Fonds , illustre un art de vivre en racontant des histoires au goût de liberté.
Témoin rare du 19ème siècle, plusieurs distinctions ont récompensé ses efforts pour protéger et valoriser son patrimoine (Prix Wakker 1994 de la Ligue suisse du patrimoine national, prix de l'Association suisse pour l'aménagement national 1994...) et, ne pas se laisser endommager par les crises successives ayant pour conséquence un développement envahissant et ravageur. La Chaux-de-Fonds a su vieillir en accédant au respect.
Se dotant de tout ce qui rend la vie urbaine agréable (sans les inconvénients), La Chaux-de-Fonds s'est souciée en priorité de maîtriser la neige, la largeur des rues et des trottoirs favorise le déneigement ainsi que les rez sur élevés. Les arcades , espaces couverts destinés à s'en protéger n'apparaissent que plus tard.
L'industrie horlogère
L'horlogerie a trouvé ici une terre de prédilection. L'isolement, autrefois des paysans des montagnes neuchâteloises habitués à faire tout par eux-mêmes, ayant pour objectif que «ça dure»: des ouvrages les plus fins aux gros travaux, obligeant à voyager pour chercher ailleurs ce qui leur manquait. L'horlogerie, peu exigeante en espace, en matière première, en énergie, compatible avec la décentralisation et les variations saisonnières du secteur agricole, les «hauts» sans eau, découvrent au 18ème siècle une activité répondant à leurs besoins. L'horlogerie à l'échelle artisanale devient au début du 20ème siècle fournisseur de la planète, la moitié des montres diffusées dans le monde étaient fabriquées à La Chaux-de-Fonds.
Les fermes neuchâteloises
Miraculeusement préservées , les plus anciennes maisons de la ville sont des fermes datant du 17ème siècle, elles possèdent la configuration et la silhouette typiques des fermes jurassiennes: vastes toit à deux pans conçu pour récolter un maximum d'eau de pluie ou de fonte de neige alimentant une citerne; les fenêtres sont rares et petites, les murs épais, avec une grande cheminée trapézoïdale. Le rez de chaussée est divisé en deux par un corridor: un côté le logis des gens,de l'autre celui du bétail, le tout coiffé d'une vaste grange à laquelle on accède par un plan incliné extérieur. Au 18ème siècle, les maisons d'habitation remplacent les fermes, les fenêtres s'agrandissent éclairant les établis d'horlogers. C'est à la fin du siècle qu'apparaissent les premières maisons véritablement citadines, hautes de trois étages et toits pans coupés.
Les maisons d'horlogers
Au 19ème siècle, la population de travailleurs en forte croissance nécessite la construction de bâtiments hauts de 4 ou 5 niveaux, sobres,austères... La vogue de l'Art Nouveau leur apportera une touche de fantaisie intérieure et extérieure: faux marbre, fresques, vitraux , ferronneries , lustrerie...
Lorsque que l'on regarde le dernier étage, on voit parfois une rangée de fenêtres accolées ancêtres des baies vitrées, elles éclairaient les ateliers d'horlogerie.
Le visage de la ville du 20ème siècle évolue entre le pire et le meilleur, il prend de l'ampleur et de la couleur. Le début du siècle est résolument «Art Nouveau».
Il faudra attendre les années 80(Le Corbusier) pour un retour à une architecture plus créative, une certaine monumentalité.
La Chaux-de-Fonds est un grand village, ni banlieue, ni faubourg, ni complexes industriels , il est un des foyers de l'Art Nouveau s'épanouissant sur un terrain de prédilection, favorisant le culte à la nature et à l'artisanat.
Le visiteur doit apprivoiser cette ville pour la comprendre et l'aimer, surtout pas de regards hâtifs, distraits ou conformistes, sous une apparence modeste, elle dissimule une certaine originalité, une intensité.
Cette ville est un véritable lieu de transmission de connaissances ou trois personnalités de renom international sont des enfants de La Chaux-de-Fonds, l'un était architecte et urbaniste:Le Corbusier. Le second était écrivain, poète et bourlingueur:Blaise Cendrar. Le 3ème était mécanicien, pilote de course, constructeur d'automobiles: Louis-Joseph Chevrolet. Chacun à sa manière est représentatif d'un esprit chaux-de-fonnier à la fois créatif, novateur, ouvert aux subtilités technologiques comme aux grands courants du monde.
UN PRIX PAS COMME LES AUTRES…LE PRIX GAÏA
C’est en 1993 que le Musée international d’horlogerie a créé le Prix Gaïa pour distinguer des personnalités qui ont contribué ou contribuent à la notoriété de l’horlogerie - de son histoire, de sa technique et de son industrie. Seul de son genre, ce Prix a la particularité de distinguer les meilleurs parmi les meilleurs. Institution de renommée mondiale, le Musée international d’horlogerie, musée phare de La Chaux-de-Fonds, ville dont l’histoire économique et sociale est étroitement liée à l’horlogerie, a voulu par ce Prix marquer sa reconnaissance aux héritiers spirituels de la culture horlogère qui imprègne les collections du musée, comme la ville.
Le Prix GAÏA est symbolisé par une sphère translucide qui évoque Gaïa, Mère universelle de la mythologie grecque, personnification de la terre et épouse d’Ouranos, le Ciel.
L’objet d’art a été créé par Valérie Salvisberg, à la suite d’un concours adressé à l’Ecole d’art de la Ville de La Chaux-de-Fonds.
Le Prix Gaïa a été soutenu pendant ses 12 premières éditions par le Bureau de contrôle des ouvrages en Métaux précieux.
Depuis 2007, la Banque Julius Baer & Cie SA soutient activement le Prix Gaïa lui permettant un développement et une visibilité nouvelle.
MUSEE INTERNATIONAL D'HORLOGERIE - La Chaux-de-Fonds -www.mih.ch
Journées de la Métropole Horlogère
Du 19 octobre au 13 novembre 2011, ces journées mettent en lumière l'exceptionnel patrimoine culturel et industriel de la région, en soulignant l'ADN étonnant qui fait son unicité et de restaurer cette région dans la notoriété qu'elle mérite.
Les temps forts de ces journées outre des ateliers d'initiation, elle présente les travaux des Lauréats 2011du Concours International de chronométrie et société suisse de chronométrie – Réglage.
La Watch Gallery célèbre le savoir-faire et la légendaire précision des produits horlogers suisses.
Des projections de films à thèmes liés à la Métropole horlogère et à la région de l'Arc jurassien horloger.
Cette année, une sélection de films publicitaires de marques horlogères fera voyager le visiteur au cours du siècle pour découvrir la richesse créative des réalisateurs de ces films, ainsi que l'évolution sociologique du client(e).
Premier atelier d'initiation à l'horlogerie
Les samedi et dimanche 22 et 22 octobre 2011 de 10.h à 17 h.
Les ateliers d'initiation des JMH proposent la découverte d'une émotion inhabituelle, à savoir celle que procure le remontage d'un mouvement mécanique, une immersion dans l'infiniment petit pour la quête d'un tic-trac gratifiant...Quelques jeunes futurs horlogers accompagneront les premiers pas des amoureux de la montre dans le monde de la mécanique horlogère.
WATCH GALLERY – 1, rue Neuve – La Chaux-de-Fonds
Reportage: Christiane REAL