Christine Lagarde,
et le « crédit révolving » :
une ambition inachevée…
Se félicitant de l’intervention de Madame Lagarde au sujet du « crédit revolving », l’Afub déplore néanmoins le silence du Ministre quant à certaines propositions de l’association formulées lors des consultations et des auditions auxquelles elle a participé.
En particulier, constatant que c’est sur le lieu de vente que sont souvent proposés des « crédits revolving », notamment au travers des « cartes de magasin » ou de « fidélité », l’Afub a toujours dénoncé l’inadaptation de cette formule de prêt et a proposé que soit désormais présentée au consommateur l’alternative de souscrire soit un crédit permanent soit un prêt classique qui serait plus conforme à son besoin réel et beaucoup moins cher (6 à 8 % au lieu de 14 à 20 %).
La vraie réforme,
celle des taux actuellement trop chers !
Surtout l’Afub rappelle la nécessité de réduire les taux d’intérêt puisque les « revolvings » sont les prêts les plus chers en France, leur taux ressortant à 15,35 % en moyenne (source Banque de France) et dépassant même en pratique 19 %, contribuant ainsi à l’endettement excessif des ménages.
La réforme gouvernementale ne saurait ignorer le problème du caractère artificiellement élevé de ces taux et doit mettre un terme à la politique de « l’argent cher » pratiquée au détriment des emprunteurs, ceci pour rendre ainsi au consommateur un pouvoir d’achat actuellement écorné.
Face aux prédateurs du crédit,
une efficacité limitée …
Au demeurant si les mesures gouvernementales ne visent qu’à renforcer l’information et la transparence, leur efficacité en sera limitée, ne s’agissant alors que de « sécurité de papier » ; En effet, les gardes fous posés dans le passé par le législateur (article L 311-9 du code de la consommation) sont violés de manière répétée par ces établissements et les condamnations par les tribunaux illustrent l’insuffisance, voire l’illusion, de ces supposées mesures de protection (cf « crédit permanent », rubrique « jurisprudence » sur www.afub.org).
D’ailleurs, comment peut-on imaginer raisonnablement que les banquiers abandonnent leurs pratiques de prédateurs, alors même qu’il s’agit des crédits qui leur rapportent le plus :
en matière de « crédit renouvelable », le crime paie pour les banques et les usagers trinquent !
L’Afub appelle donc le gouvernement à compléter sa réforme par un dispositif réaliste pour que soit mis efficacement un terme au double piège, orchestré par les banques :
celui de l’argent trop facile,
celui de l’argent trop cher.
source Afub le 11 décembre 2008